Vasectomie: risques et complications

Le taux de complications précoces selon l’association canadienne d’urologie (Canadian Urology Association guideline: Vasectomy) https://www.cua.org/themes/web/assets/files/vasectomy4017_v4.pdf: infection (0,2 ± 1,5%), saignements ou hématome (4‒20%) échec chirurgical (0,2‒5%
Bien que ce ne soit pas une complication grave, la complication la plus gênante et agaçante est "le syndrome de douleurs chroniques post-vasectomie" . Sans aucun lien avec les complications postopératoires immédiates telles que l’infection ou l’hématome, la douleur scrotale chronique, peut persister pendant des mois. Elle est définie comme une douleur testiculaire constante ou intermittente pendant 3 mois ou plus, avec une sévérité perturbant les activités quotidiennes, ce qui oblige le patient à consulter un médecin. Toujours selon l’association canadienne d’urologie le taux de douleur scrotale chronique varie de 1 à 14%. Selon les experts, on considère que la douleur chronique est due à une inflammation probablement en rapport avec une dilatation de l’épididyme notamment par la ligature de l’extrémité testiculaire du canal différent. C’est pourquoi il est conseillé de pratiquer la vasectomie à extrémité ouverte : « open-end » vasectomy . Dans cette procédure, l’extrémité testiculaire du canal déférent n’est pas ligaturée, ce qui permet un écoulement continu du liquide épididymaire dans le scrotum.
De manière générale, il est conseillé aux patients de porter un support scrotal « jockstrap » ou un short de compression pendant une à deux semaines après la procédure afin de minimiser les risques de tirer sur le cordon spermatique. Cela semble avoir réduit le nombre d’appels et de visites postopératoires. Il faut aussi insister sur la nécessité d’éviter les efforts importants durant la première semaine: ne pas soulever de charges lourdes et limiter la station debout à 30 min /jours pendant les 5 à 7 premiers jours afin de réduire les risques d’hématome scrotal et des douleurs chroniques.
Si la technique a vu le jour en Chine, inventée par le Dr LI en 1974, la première vasectomie aux USA a été réalisée en 1985 par le Dr Marc Goldstein du Cornell Medical Center de l’hôpital de New York. Un des pionniers de la vasectomie sans bistouri en Europe est le Dr José Miguel Viladoms à Barcelone. En 2019, plus de 60 millions d’hommes ont bénéficié d’une vasectomie contraceptive. Nous avons plus de 30 ans de recul. Toutes les méta-analyses pour étudier les complications à long terme de la vasectomie ont confirmé que la vasectomie ne présente pas de risque à long terme.
Les 100% en médecine n’existe pas. À part l’abstinence complète, aucune méthode de contraception n’est efficace à 100%. Dans de rares cas après une vasectomie, une perméabilisation spontanée entre les deux extrémités sectionnées du canal déférent est toujours possible. Cela se produit généralement dans l’année qui suit la vasectomie. Cependant, le taux d’échec de la vasectomie est très faible : Le taux d’échec précoce (entre 3 et 6 mois) après la vasectomie est inférieur à 1 %. Le risque de grossesse après une vasectomie est d’environ 1 sur 2 000 chez les hommes avec azoospermie post-vasectomie confirmée. L’électrocoagulation de la muqueuse du canal déférent ou l’interposition du fascia réduit le risque d’échec de la contraception.
Le lien entre la vasectomie et le cancer de la prostate est une rumeur qui a agité la communauté scientifique, notamment aux Etats-Unis avec plus de 300.000 vasectomie réalisées chaque année. Plusieurs études publiées ces dernières années en 2017 n’ont pas montré de relation entre la vasectomie et le cancer de la prostate.
Un certain nombre d’autres rumeurs concernent la vasectomie. Les études sont formelles : il n’a pas de liens entre la vasectomie et la maladie coronarienne, l’accident vasculaire cérébral, l’hypertension, la démence ou le cancer du testicule.