Classique ou sans bistouri?

Choisir le chirurgien et non pas la technique

Quand pour la même intervention, il y a plusieurs techniques (prostatectomie pour cancer – « videoscopie avec ROBOT » ou « videoscopie sans robot »), le plus important, c’est l’expérience du chirurgien qui va vous opérer !

Par exemple, un très bon chirurgien habitué à la prostatectomie par videoscopie SANS ROBOT va mieux opérer que s’il se lance dans la prostatectomie AVEC ROBOT. Il en va de même pour la vasectomie. Si le chirurgien est habitué à la vasectomie par voie ouverte, il vaut mieux faire l’opération avec cette technique.

Tout chirurgien urologue formé en France est capable de réaliser la vasectomie selon la technique classique.

    Bref rappel anatomique : les deux canaux se situent dans le sac scrotal et les canaux déférents (un à droite eu un à gauche) se situent dans le cordon spermatique qui contient, à part le canal déférent, l’artère testiculaire et les veines testiculaires organisées dans le plexus pampiniforme.
    Dans une opération de vasectomie, il faut distinguer plusieurs parties :
  • Abord cutané scrotal – quelle que soit la technique pour les aborder il faut toujours ouvrir la peau.
  • La dissection du cordon déférent pour isoler les canal déférent .
  • L’occlusion du cordon déférent par différentes méthodes.
    Dans la méthode classique appelé aussi « incisionnelle », il faut deux incisions cutanées (plus rarement une), d’environ 2-3 cm. De chaque côté il faut disséquer le cordon déférent avec l’artère et les veines du plexus pampiniforme, afin de l’isoler et ensuite procéder à son occlusion afin de l’interrompre.
IMPORTANT :
    Quel que soit la méthode choisie ; l’occlusion des canaux déférents doit suivre les mêmes règles pour s’assurer de la même efficacité et de l’absence d’effets potentiellement gênants.
    Dans la vasectomie appelée « sans bistouri », il faut aussi ouvrir la peau scrotale, mais sur environ 3 mm avec un abord unique pour les deux canaux. On commence par palper le canal à travers la peau, le fixer à l’aide d’une pince à anneaux toujours à travers la peau donc sans le voir. Une fois fixé, sans l’aide d’un bistouri mais d’une pince adaptée très pointue, tel un scalpel, on ouvre la peau sur quelques millimètres, on l’isole et on réalise l’occlusion. Le fait de ne pas utiliser de bistouri, permet d’aborder directement le canal déférent, sans jamais voir ni les veines du cordon et ni l’artère du testicule, donc pas de risque de les blesser.
    Néanmoins, c’est une opération ouverte, d’une peau fragile avec beaucoup des vaisseaux sanguins. De plus, le canal déférent possède sa propre artère qui est collée au canal.
    • Si les deux techniques sont équivalentes en terme d’efficacité contraceptive, les études montrent un peu plus de complications pour la chirurgie classique. Il s’agit néanmoins de complications mineures : hématomes, douleurs résiduelles de courte durée et plus rarement des infections.
    • La vasectomie sans bistouri, technique mini-invasive, est une chirurgie percutanée et comme pour toute chirurgie, il peut également y avoir des complications.
    • Pour la vasectomie sans bistouri, comme pour toute technique chirurgicale, il peut y avoir des complications !
    • En chirurgie le risque 0, n’existe pas.
    La vasectomie par voie chirurgicale est une chirurgie simple. Tout chirurgien urologue a la compétence et l’expérience pour la réaliser dans des conditions d’excellence. Inutile d’aller chercher à l’autre bout de la France un spécialiste de cette technique opératoire.
    On n’apprend pas à opérer dans les livres et avec des tutos sur YouTube, on apprend au bloc opératoire. Et même si la vasectomie n’est pas une technique spécifiquement enseignée lors des études de médecine, les urologues sont habitués à opérer le scrotum et les testicules donc par extension, on apprend à opérer un canal déférent.
    La vasectomie sans bistouri nécessite une formation spécifique .
    Selon l’inventeur de cette technique, un chirurgien est à l’aise après 10 voire 20 procédures, encadrées par un expert. Et comme en France il n’y a pas de formateur, je peux parler par expérience : un minimum de 30 (voire plus) vasectomies doivent être faites avant d’être parfaitement au top.
    Pratique régulière Bien au-delà de la formation initiale, c’est la pratique régulière qui compte. Il faut réaliser au moins 5 opérations par mois pour améliorer sa technique, quelles que soient les conditions anatomiques.

Conclusion: même efficacité (taux de réussite) pour les deux méthodes mais plus de complications pour la vasectomie classique

Le principe opératoire est identique, c’est simplement la voie d’abord qui change. Ensuite, une fois le déférent isolé, il faut appliquer les mêmes techniques pour sa section et pour les différentes méthodes complémentaires qui vont empêcher la réparation spontanée. Les études ayant comparé les deux études sont formelles : les résultats sont identiques.

Le scrotum est un endroit avec beaucoup de vaisseaux. Dans le cordon spermatique, qui contient le canal déférent, se trouve également l’artère testiculaire, l’artère du déférent, et surtout une pléiade de veines testiculaires sous la forme d’un plexus pampiniforme. De plus, la peau scrotale est richement vascularisée. C’est pourquoi, la chirurgie scrotale comporte toujours un risque de complications  bénignes, essentiellement des hématomes qui ne sont pas vraiment douloureux mais inconfortables. Il y a aussi un (faible) risque d’infection.

Plusieurs études ont été menées afin de comparer les deux techniques, réalisées par des chirurgiens « experts » dans les 2 cas. Si l’efficacité est la même, les complications, bien que toujours présentes, sont moindres pour la vasectomie sans bistouri.

Tableau comparatif des 2 techniques